CPF : le budget 2027 veut porter le reste à charge à 350 euros

Le projet de budget 2027 prévoit de relever la participation que paie le salarié pour utiliser son compte personnel de formation : le gouvernement annonce 350 euros au lieu de 150 pour les formations jugées non prioritaires, avec une application aux inscriptions faites depuis le 1er octobre 2026, avant même le vote des députés.

En bref
  • L’article 89 du projet de loi de finances 2027 prévoit une « majoration » du reste à charge CPF pour les formations non prioritaires.
  • Le montant de 350 euros annoncé ne figure pas dans la loi : il sera fixé par décret.
  • Bilans de compétences, VAE, métiers en tension et formations cofinancées seraient épargnés.
  • Le texte doit être débattu en séance à partir du 27 octobre ; rien n’est voté à ce jour.

Qu’est-ce qui change pour le CPF dans le budget 2027 ? #

Depuis 2024, toute personne qui mobilise son CPF verse une participation forfaitaire. D’abord fixée à 100 euros, elle est passée à 150 euros le 2 avril 2026, rappelle Formation Professionnelle Mag. Le projet de loi de finances déposé le 1er octobre 2026 veut aller plus loin.

Son article 89 prévoit que cette participation « fait l’objet d’une majoration » pour les formations qui ne sont pas jugées prioritaires. Le ministère du Travail a annoncé le chiffre de 350 euros, révélé par Les Échos le 23 septembre et repris par MaFormation.

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Un montant qui ne sera pas voté

Point souvent mal compris : les 350 euros n’apparaissent pas dans le texte de loi. Comme les montants précédents, la somme sera fixée par décret. Les députés voteront le principe de la majoration, pas son niveau, souligne NosParlementaires.

Le gouvernement en attend 350 millions d’euros d’économies en 2027, dans un effort global demandé au ministère du Travail.

Qui serait épargné par la hausse ? #

Le projet distingue les formations « prioritaires » des autres. Selon les éléments publiés, la hausse ne toucherait pas les formations vers les métiers en tension ou les secteurs jugés stratégiques : défense, industrie, souveraineté alimentaire, transition écologique, numérique, médico-social.

Restent aussi à l’abri les bilans de compétences, la validation des acquis de l’expérience (VAE), les projets de transition professionnelle et les formations cofinancées par l’employeur. Les demandeurs d’emploi demeurent exonérés de toute participation. La liste précise des métiers concernés n’a pas encore été publiée.

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Pourquoi la date du 1er octobre fait polémique #

C’est le point le plus contesté. D’après NosParlementaires, la nouvelle règle viserait les formations souscrites à compter du 1er octobre 2026, soit avant tout débat au Parlement. Le gouvernement justifie ce choix par la volonté d’éviter un afflux d’inscriptions de dernière minute.

Les organismes de formation dénoncent une insécurité pour les stagiaires : une personne inscrite ces dernières semaines ne sait pas encore si elle paiera 150 euros ou davantage.

Quel calendrier d’ici à la fin de l’année ? #

L’article 89 se trouve dans la seconde partie du budget, consacrée aux dépenses. Son examen en séance est prévu du 27 octobre au 16 novembre, avec un vote sur l’ensemble du texte le 17 novembre, avant le passage au Sénat.

Le scénario reste incertain : si la première partie du budget est rejetée, comme l’an dernier, la seconde pourrait ne jamais être débattue à l’Assemblée. Le montant définitif dépendra ensuite d’un décret, qui suppose l’adoption de la loi.

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Faut-il lancer sa formation maintenant ? #

Pour un salarié qui prépare une reconversion ou une montée en compétences, la question est légitime. Quelques repères permettent de décider sans précipitation.

D’abord, vérifier si le projet entre dans une catégorie épargnée. Un bilan de compétences, une VAE ou une formation vers un métier en tension garderaient leur reste à charge actuel. Ensuite, poser la question du cofinancement à son employeur : une prise en charge partielle ferait aussi échapper à la hausse.

Enfin, ne pas choisir une formation uniquement pour devancer une échéance. Un parcours mal ciblé coûte plus cher qu’une participation de quelques centaines d’euros, en temps comme en motivation. Un rendez-vous gratuit avec un conseiller en évolution professionnelle aide à clarifier le projet avant de mobiliser ses droits.

Questions fréquentes #

Le reste à charge CPF est-il déjà de 350 euros ?

Non. À ce jour, la participation due reste de 150 euros. La hausse figure dans un projet de loi qui n’est pas voté, et son montant doit être fixé par décret.

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Les demandeurs d’emploi paieront-ils la hausse ?

Non. Les demandeurs d’emploi sont exonérés de la participation forfaitaire, et le projet maintient cette exonération.

Un bilan de compétences sera-t-il plus cher ?

D’après le projet présenté, les bilans de compétences et la VAE font partie des parcours épargnés par la majoration.

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