L’État vient de remettre à jour ses outils contre les dérives sectaires dans le champ du soin : deux décrets parus au Journal officiel du 14 octobre 2026 réorganisent la Miviludes et créent VigiRep, tandis que le ministère de la Santé lance un « Dérivomètre » destiné au grand public. Pour qui consulte un hypnothérapeute, un praticien EFT ou un sophrologue, c’est l’occasion de revoir quelques repères simples.
- Le décret n° 2026-949 actualise les missions de la Miviludes pour suivre « les nouvelles formes » de dérives.
- Le décret n° 2026-950 crée VigiRep, une délégation interministérielle rattachée au ministère de l’Intérieur.
- Le « Dérivomètre » propose trois niveaux de vigilance face aux pratiques non conventionnelles.
- Un guide « Santé et dérives sectaires » de 27 fiches accompagne l’outil.
Plan de l'article
Que contiennent les décrets du 13 octobre ? #
Le premier texte, le décret n° 2026-949, modifie le décret de 2002 qui avait institué la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. La Miviludes est désormais chargée d’observer les mouvements sectaires classiques, mais aussi « les nouvelles formes qu’ils peuvent prendre », comme le détaille la Banque des Territoires.
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Le texte lui confie aussi, avec l’Éducation nationale et le Conseil supérieur des programmes, la sensibilisation des élèves « aux dérives thérapeutiques et sectaires ». Il mentionne la possibilité de travailler avec les associations d’aide aux victimes.
Le second texte, le décret n° 2026-950, crée VigiRep. Cette délégation succède au secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation. Sa nouveauté principale est l’ajout explicite de la lutte contre les dérives sectaires dans ses attributions. La Miviludes lui est rattachée pour sa gestion administrative et budgétaire.
Une révolution ou un simple rattrapage ? #
Le cabinet d’avocats Landot & associés tempère la portée de ces textes. Sur son blog juridique, il parle d’un « toilettage réglementaire » : la plupart des ajouts figuraient déjà dans la loi du 10 mai 2024 visant à renforcer la lutte contre les dérives sectaires.
Autrement dit, les règles du jeu ne changent pas du jour au lendemain. Ce qui bouge, c’est l’organisation de l’État et la visibilité donnée au sujet. La loi de 2024 avait notamment créé le délit de provocation à l’abandon de soins, que le nouveau guide de la Miviludes rappelle.
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Le Dérivomètre, comment ça marche ? #
Présenté par le ministère de la Santé, le Dérivomètre vise les pratiques non conventionnelles en santé, parfois appelées médecines douces ou complémentaires. Le ministère rappelle qu’elles ne sont pas validées scientifiquement selon les mêmes standards que les soins conventionnels, rapportent les Éditions WEKA.
L’outil propose trois niveaux : « je reste attentif », « je fais une pause » et « je dis stop ». Chacun est associé à des conduites à tenir concrètes.
Parmi les signaux d’alerte cités : la critique systématique de la médecine, l’incitation à modifier ou arrêter un traitement sans avis médical, les promesses de guérison « miracle », l’isolement vis-à-vis de l’entourage ou du médecin, et certains actes invasifs pratiqués sans cadre médical.
Ce que cela change pour les patients en hypnose ou en EFT #
Rien n’interdit de consulter un praticien en hypnose, en EMDR ou en EFT. Mais ces repères officiels donnent une grille de lecture utile, surtout dans les moments de fragilité où l’on cherche une solution rapide.
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Un praticien sérieux ne vous demandera jamais d’arrêter un traitement prescrit. Il ne promettra pas de guérir une maladie, ne dénigrera pas votre médecin et vous laissera libre d’espacer ou d’arrêter les séances. Il sera clair sur sa formation et sur ce qu’il ne fait pas.
À l’inverse, une pression pour multiplier les séances, des stages coûteux qui s’enchaînent, une méfiance encouragée envers vos proches ou une explication unique à tous vos maux sont des signaux qui doivent faire passer au niveau « je fais une pause ».
Le bon réflexe : en parler #
Le ministère insiste sur des réflexes simples : ne jamais interrompre un traitement sans avis médical, et en parler à son médecin ou à son pharmacien en cas de doute. Les accompagnements comme l’hypnose ou la sophrologie se pratiquent en complément du suivi médical, jamais à sa place.
« Notre responsabilité est de donner à chacun les moyens de faire des choix éclairés pour sa santé », a déclaré la ministre Stéphanie Rist, citée par WEKA. Le guide « Santé et dérives sectaires » contient aussi sept fiches métiers élaborées avec les Ordres des professions de santé, pour aider médecins, pharmaciens ou infirmiers à repérer un patient sous emprise.
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Si vous avez un doute sur une pratique ou sur un praticien, la Miviludes peut être saisie. Les élus locaux sont eux aussi invités à se rapprocher d’elle quand une demande de local ou de salle pour une pratique non conventionnelle les interroge.
Questions fréquentes #
L’hypnose est-elle visée par ces décrets ?
Non, aucune pratique n’est nommément visée. Les textes organisent la vigilance de l’État face aux dérives, quelle que soit la méthode utilisée.
Qu’est-ce que VigiRep ?
C’est la délégation interministérielle créée par le décret n° 2026-950, qui réunit la prévention de la délinquance, de la radicalisation et la lutte contre les dérives sectaires, auprès du ministre de l’Intérieur.
Où trouver le Dérivomètre ?
Il est diffusé par le ministère de la Santé, avec le guide de la Miviludes « Santé et dérives sectaires ».
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